Procédé alternatif
AvancéEntre peinture et photographie
Le bromoil VP est un procédé où une matrice de gélatine, insolée et développée, est réhumidifiée puis encrée au rouleau mousse avec de l'encre Charbonnel noire taille-douce. Les zones tannées acceptent l'encre, les zones gonflées d'eau la repoussent. Chaque passage de rouleau révèle l'image un peu plus. Le rendu se situe entre la peinture à l'huile et la photographie.

L'art de l'encrage
Le bromoil est un procédé des débuts de la photographie. La douceur et le rendu proche de la peinture des tirages sont typiques de ce genre. Les photographes pictorialistes l'ont utilisé pour affirmer la photographie comme art à part entière. Le kit VP élimine toute la chimie toxique de l'ancien procédé : plus de blanchiment argentique, plus de sulfate de cuivre.
Matériaux
Papier aquarelle 640 g/m² · Pochon Résine — S (gélatine déjà sensibilisée) · VP N°03 — Développeur · VP N°13 — Pigment Charbonnel · Rouleau mousse
Repères de pratique
Consultez les informations de sécurité propres à chaque produit, préparez votre espace de travail et portez les protections indiquées avant toute manipulation.
Les supports
Tous les procédés se tirent par contact sur un support absorbant. Le PULPØ de 900 g/m² est celui de l'atelier — lisse, épais, sans préparation. Les papiers aquarelle du commerce conviennent aussi, une fois primés.
Voir les supports en boutiqueRend les papiers aquarelle utilisables
En 4 étapes
Préparez vos feuilles gélatinées (plaque en verre, bain-marie, seringue, peigne, séchage).
Générez votre contretype négatif et imprimez-le sur transparent.
Insolez au Luminograph (2 min), développez au développeur VP N°03 (3 min), puis réhumidifiez 10 min à 20 °C.
Encrez au rouleau mousse avec le VP N°13 — Pigment Charbonnel. Alternez eau et encrage jusqu'au résultat souhaité.
Le geste signature
Le bromoil n'est pas un tirage qu'on développe — c'est un tirage qu'on peint. Une fois la matrice gélatinée insolée, développée et réhumidifiée, vous tenez entre les mains une feuille apparemment uniforme. L'image n'apparaît qu'au moment où vous passez le rouleau mousse chargé d'encre Charbonnel noire.
Le principe est simple en théorie : les zones tannées par la lumière (les ombres de l'image) absorbent l'eau lentement et acceptent l'encre grasse ; les zones gonflées d'eau (les hautes lumières) la repoussent. La main de l'artiste décide combien d'encre dépose, à quel angle, avec quelle pression, dans quel ordre.
En pratique, c'est un dialogue. Premier passage léger sur toute la surface : l'image fantôme apparaît. Vous séchez tamponné à l'éponge. Deuxième passage plus appuyé sur les ombres pures, mouvement croisé. Troisième passage sélectif sur les zones que vous voulez densifier. Chaque artiste développe sa propre signature gestuelle après quelques tirages.
C'est pourquoi deux bromoils tirés du même négatif par deux personnes différentes seront toujours reconnaissablement différents. Et c'est aussi pourquoi un bromoil ne se reproduit jamais à l'identique, même par son propre auteur. Cette imprévisibilité est l'opposé absolu du jet d'encre — et c'est sa raison d'être.
Mode opératoire
Le mode opératoire complet du coffret, tel qu'il est livré avec la chimie. Il vit ici, sur la page du procédé, et non sur la fiche boutique : on cherche à comprendre un procédé avant de décider d'acheter.

Résultat attendu : Un tirage au rendu pictural unique — encre grasse Charbonnel sur gélatine, entre peinture à l'huile et photographie. Des blancs propres et des noirs profonds.
Choisissez votre rendu :
| Condition | Temps approximatif |
|---|---|
| Luminograph (mode sans échec) | 2 min |
| Luminograph (classique) | 3-6 min |
| Heliograph | 5-10 min |
| Problème | Cause probable | Solution |
|---|---|---|
| Encre partout, blancs sales | Feuille trop sèche en surface | Réhumidifier avant d'encrer |
| Encre qui ne prend pas | Feuille trop humide | Tamponner légèrement avec un chiffon |
| Blancs impossibles à garder propres | Réhumidification insuffisante | Prolonger le trempage à 20 °C |
| Manque de contraste | Sous-exposition ou correction trop douce | Augmenter le temps d'insolation ou choisir « Dense » |
Le vrai point-clé du bromoil n'est pas seulement la courbe de correction. C'est le triptyque : humidité, pression, quantité d'encre. Ces trois variables interagissent à chaque passage de rouleau. Commencez léger sur les trois. Augmentez un seul paramètre à la fois.
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Bromoil
Questions fréquentes
Le bromoil est un procédé pictorialiste développé au début du XXe siècle, formalisé en 1907 par C. Welborne Piper et popularisé par le britannique E.J. Wall dans son ouvrage The Bromoil Process publié à Londres. Le bromoil historique reposait sur une matrice gélatine argentique blanchie au bichromate cuivrique, sel toxique aujourd'hui classé CMR, puis encrée au rouleau à l'encre grasse taille-douce. Le bromoil Vision Picturale supprime totalement le blanchiment argentique au bichromate cuivrique : la matrice utilise la gélatine sensibilisée par le sensibilisateur et révélée par VP N°03, puis encrée avec une encre Charbonnel taille-douce noire pigmentée. Le pratiquant obtient ainsi le rendu pictural caractéristique du bromoil, entre peinture à l'huile et photographie, sans manipulation de sels toxiques. Le procédé reste éditable plusieurs heures après réhumidification, permettant un contrôle artistique unique parmi les procédés alternatifs.
Un tirage bromoil Vision Picturale suit une séquence stricte en six étapes après préparation du négatif. La matrice gélatine sensibilisée est exposée sous Luminograph pendant deux minutes selon la densité du négatif. Le développement dans développeur VP N°03 dilué dure trois minutes à 20 °C, suivi d'un rinçage de cinq minutes à l'eau courante. La matrice est ensuite séchée à plat puis réhumidifiée par immersion dans l'eau à 20 °C pendant dix minutes, étape critique qui révèle le différentiel de gonflement entre zones insolées et zones libres. L'encrage au rouleau mousse avec encre Charbonnel taille-douce noire dépose le pigment sur les zones gonflées sèches et l'épargne sur les zones humides. Le pratiquant peut ajuster la densité par passages successifs pendant plusieurs heures, l'image reste éditable tant que la matrice conserve son humidité différentielle. Séchage final vingt-quatre heures.
Le bromoil Vision Picturale et le charbon produisent tous deux des tirages picturaux à très forte signature matière, mais répondent à des intentions artistiques différentes. Le bromoil VP, avec sa matrice gélatine encrée au rouleau mousse à l'encre Charbonnel, reste éditable plusieurs heures et permet une intervention manuelle du pratiquant sur chaque zone de l'image, comparable au travail d'un graveur sur sa plaque. Le charbon VP, à base de gélatines pigmentées prêtes à insoler, fixe l'image définitivement dès le transfert sans possibilité de retouche. Le bromoil produit un rendu proche de la peinture à l'huile avec grain d'encre visible, tandis que le charbon offre le dMax le plus élevé de tous les procédés alternatifs et une permanence pluri-séculaire supérieure. Le pratiquant choisira le bromoil pour l'interprétation et le geste, le charbon pour l'archive et la profondeur tonale maximale.
Le bromoil Vision Picturale se situe à un niveau intermédiaire confirmé et n'est pas recommandé comme premier procédé alternatif. La maîtrise du rouleau mousse exige une coordination fine entre pression, vitesse et angle, comparable à l'apprentissage de la gravure taille-douce. Le pratiquant doit avoir réalisé au préalable au moins vingt tirages cyanotype et dix tirages Aquaprint pour comprendre la sensibilisation, l'exposition sous Luminograph et le développement aqueux. La réhumidification à dix minutes à 20 °C demande un contrôle précis : trop courte, la matrice n'accepte pas l'encre ; trop longue, le différentiel s'efface. Le coffret Bromoil fournit le pochon Résine, le développeur VP N°03 et le VP N°13 — Pigment Charbonnel, l'encre taille-douce noire. Le pratiquant n'ajoute qu'un rouleau mousse haute densité de 100 mm et une plaque de verre de marbrage.
Un tirage bromoil Vision Picturale présente une excellente qualité d'archive, estimée à plusieurs siècles selon les standards de conservation appliqués aux estampes encrées du même type. L'encre Charbonnel taille-douce noire utilisée pour l'encrage est une encre pigmentée à liant huile de lin classée permanence maximale par le fabricant Lefranc Bourgeois, fournisseur historique depuis 1862 des graveurs européens. Le pigment noir de carbone constituant le noir Charbonnel est chimiquement inerte et résistant aux UV, à l'humidité et aux variations de température dans une plage normale d'habitation. Le pratiquant doit néanmoins assurer un séchage complet de vingt-quatre à quarante-huit heures avant manipulation, et un montage sur carton neutre pH 7 à 8,5. Les tirages bromoil pictorialistes de l'école anglaise du début du XXe siècle, conservés au Royal Photographic Society Collection, témoignent aujourd'hui d'une stabilité supérieure à cent vingt ans sans intervention de restauration.
Kit de chimie
Le bromoil VP est un procédé où une matrice de gélatine, insolée et développée, est réhumidifiée puis encrée au rouleau mousse avec de l'encre Charbonnel noire taille-douce. Les zones tannées acceptent l'encre, les zones gonflées d'eau la repoussent. Chaque passage de rouleau révèle l'image un peu plus. Le rendu se situe entre la peinture à l'huile et la photographie.
Une alternative
Les tireurs de la Maison Picturale réalisent des bromoils sur commande dans leur atelier parisien, à l'encre Charbonnel taille-douce, sur papier coton 640 g/m². Chaque tirage est encré à la main, signature gestuelle incluse. Vision Picturale fournit le kit pour pratiquer le geste ; la Maison Picturale signe l'œuvre finale.
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Maison Picturale · Paris 20e
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